T'as le bonjour d'Alfred...

Publié le par Jean-Michel LEVENARD

 



 


 

 


 


 

 

 

 

Et puis voilà que je m'interroge, voyez-vous ? (8)

 

J'ai beaucoup hésité. Parler de l'affaire Woerth ? Est-ce bien utile vu tout ce qui en a été dit ?

Il y aura peut-être procès qui dira dans quelle mesure Mme Bettencourt était bien saine de corps et d'esprit quand elle balançait des gros sous à l'UMP... ou si on a affaire à une extorsion dans le cadre d'un abus de faiblesse.

Qu'on puisse avoir à le supposer c'est déjà pas joli joli...


Mais que l'ex ministre des finances nous ait pris pour des billes au point de penser nous faire croire à ses dénégations laborieuses, c'est carrément une massive tentative d'abus d'ingénuité à l'encontre du peuple français.

Par quel bout commencer ? La Légion d'Honneur du fondé de pouvoir de Mme Bettencourt ?  Voilà un gars qui se voit remettre  cette fameuse éclaboussure républicaine sur les recommandations d'un député qui de son propre aveu ne le connaît pas, a signé dans la foulée, comme pour tant d'autres... ( tiens, au fait, on sait lesquels ?).  Moi qui pensais qu'on vous remettait le colifichet pour au moins l'ombre d'un service rendu à la Nation. Non, a priori, il suffit de demander. Et à n'importe qui qui soit député ( ou sénateur, ou concierge de l'une des deux assemblées ? ). Existerait-il une liste par hasard où s'inscrire ?


Ainsi donc, il ne le connaissait pas, bien qu'il recevait, en tant que trésorier de l'UMP, de grosses subsides de la part de la personne réputée incapable dont le récipiendaire administrait les biens... Et ce récipiendaire avait embauché sa femme...

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il gagne haut la main au concours de circonstances !

 

Et puis, voilà que je m'interroge, voyez-vous ! (7)

 

Je m'étais dit, ces pauvres ministres, ils ont peut-être droit eux aussi à un peu de vacances, et puis, voilà que ceux auxquels je pensais surtout ont carrément mis la clef sous le paillasson. Renseignements pris, la porte est bien fermée, mais de l'intérieur : conclusion, ils sont définitivement dehors !

Bon, des petits coups tordus juste sur la ligne ou à peine à côté, y'en a eu, y'en aura, allez, disons-le tout de suite pour se mettre d'accord, c'est le signe en démocratie d'une bonne santé. Si on ne peut absolument pas déroger à la règle, à la loi, on n'est pas loin de la dictature. Non ?

Alors celui qui m'intéresse le plus, c'est le fumeur de cigares. Là, on a un cas. Qu'un ministre s'imagine devoir dépenser des ronds à tire larigot pour faire des va-et-vient aériens donnant le sentiment qu'il a de l'importance, c'est plutôt dans l'ordre des choses, y'a juste erreur de proportion de sa part...

Mais qu'un ministre estime que nous devons lui payer ses menus plaisirs c'est d'une autre nature. Si ce gars là a estimé qu'on DEVAIT lui payer ses cigares ( qu'il a visiblement choisi les plus chers qu'il a pu trouver - et là, tiens, je voudrais bien savoir ce qu'il fumait du temps qu'il était peigne-cul ?), que n'a-t-il pas du nous faire payer ? On a cherché ? Franchement, si on lui devait des cigares, on lui devait aussi le boire et le manger, les courses du week-end...

Avec cette mentalité là, jusqu'où est-il allé ?

Et comment se fait-il qu'il n'a pas été foutu à la porte dans l'heure qui a suivi la mise à jour de ses pratiques ? Serait-ce que l'on a estimé ses pécadilles, somme toute, acceptables et sans conséquence... peut-être même, conformes à ce que l'on peut accepter d'un ministre en exercice ?

On ajoutera quoi ? Qu'il y aurait de plus circonstance aggravante si nous nous trouvions par exemple en période de rigueur ? Heureusement, nous y avons (sémantiquement ) échappé !

Maintenant, quand je dis que ce ministre pensait qu'on DEVAIT lui payer ces cigares, je fais une supposition qui, je l'admets, laisse croire que le ministre en question est vraiment un taré du ciboulot, le dernier des couillons. Franchement, à son niveau de responsabilité, ce serait grave d'avoir placé un type qui aurait si peu la notion du service de l'état.

Non, on ne peut supposer cela. On est donc bien obligé d'admettre qu'en quelque sorte, il tapait dans la caisse en pleine connaissance de cause...

 

 

Et puis, voilà que je m'interroge, voyez-vous ! (6)


Et puis, voilà que je m'interroge, voyez-vous ! (5)

Il n'y a rien de plus beau que la démocratie. Si, si !
Alors, la démocratie directe, je te dis pas, cette merveille que c'est.
On en rêve tous. Tu poses la question, et y'a pas de traquenard parlementaire, le peuple répond et on s'y tient. Ça évite les embrouilles européennes, une fois je te vois, une fois je te vois pas.
On en excuserait Jean-Jacques d'avoir laissé ses gosses à l'abandon tellement cette idée qu'il avait c'était beau et grandiose. Et suisse !
Parce que la votation en Suisse, c'est quasi tous les quarts d'heure. Rien à voir avec ce fichu referendum dont on nous fait saliver en France et qu'on ne nous sert jamais.
En Suisse c'est vraiment sérieux, ça fait force de loi.
Résultat : en Suisse, les femmes -au niveau fédéral- votent depuis 1971. A titre de comparaison et pour se moquer un peu des sauvages, les femmes votent en Mongolie depuis 1924, en Turquie depuis 1934, aux Philippines depuis 1935 (suite à un referendum RESERVE aux seules femmes ; c'est intelligent ça de demander leur avis qu'aux seuls intéressés ?)...
C'est comme si on n'avait demandé récemment qu'aux musulmans de Suisse s'il fallait ou non accepter les minarets ? Sachant que les autres a priori n'était pas intéressés à l'affaire puisque pas utilisateurs des édifices...
Bien évidemment il faudrait chercher, maintenant que le refus est enregistré, ce qui le justifie. En vertu du principe universel des droits de l'homme, il ne peut s'agir d'une mesure discriminatoire vis à vis d'une partie de la population, il y a sûrement une raison objective : sans doute la hauteur par rapport au sol. En voyez-vous une autre possiblement  acceptable ? Du coup va falloir pas mal arraser en vertu de cet antécédant, à commencer par ce con de Mont Cervin !
C'est ça qu'est bien, dans la démocratie directe, ça nivelle tout. Au plus bas.



Et puis, voilà que je m'interroge, voyez-vous ! (4)

Moi, je n'ai rien contre le fait que les Prix Goncourt soient des petits jeunes gens propres sur eux. Il en va de l'image de la France pour les siècles des siècles, et ça, c'est pas du pipi de chat. Mais je m'interroge sur l'aspect pratique de la chose...
On a déjà vu avec l'affaire Mitterand que le difficile à gérer, c'est la période aval de toute vie. Qu'en savait-il ce pauvre Frédéric que tout soudain, parce qu'il était devenu ministre, on allait lui ressortir à charge un ouvrage pour lequel on lui avait abondamment tapé sur l'épaule auparavant ?
Alors, je suggère au ministre qui regrette tant que la désormais célébrissime N'Diaye ( entre nous, elle n'a pas vraiment attendu les Goncourt pour se faire un nom...) ait dérapé naguère dans ses propos, plusieurs solutions:
-  le jury Goncourt soumet au gouvernement la liste de sa sélection, et celui-ci retourne une liste expurgée
-  le gouvernement constitue la liste de la sélection
-  le gouvernement ajoute à une liste totalement libre fournie par le jury Goncourt le nom de l'ouvrage qui recevra le Prix
- la composition du jury Goncourt est remodelée, le gouvernement obtient une majorité de sièges, et le Prix est soumis à l'approbation du Conseil constitutionnel
- le ministère de la Culture se charge annuellement de la rédaction du Prix Goncourt, l'ouvrage étant attribué par tirage au sort  à l'un des locataires de l'Académie française ( on pourrait penser laisser les académiciens rédiger le texte : fausse bonne solution !).
- On interdit purement et simplement aux gens d'écrire, et l'on décrète que définitivement, la culture n'a pas de prix.

Questions accessoires : mais où voulait-il donc en venir ce ministre ? peut-on imaginer qu'il pensait pouvoir obtenir quoi que ce soit de la part du jury Goncourt ? ne lui est-il pas apparu qu'il en appelait à la censure, ce qui intelligemment, ne peut se faire de manière publique ?
( l'assimilation de Raoult à un ministre tient à un récent passé où il le fut...)



Et puis, voilà que je m'interroge, voyez-vous ! (3)


Je ne me sentais guère de goût pour palabrer à propos de LA question de l'identité nationale. D'abord, je n'ai rien à vous en dire qui serait bien original, et j'ai mieux à faire quand je me rends au Café du Commerce, sinon que... je m'étonne que les instances en charge des affaires du pays, les mains dans le coltard, toujours à parapher à tour de bras et de stylo en or des règlements, des décrets, des arrêtés, et à inscrire des lois dans le marbre ( mais c'est leur boulot ! ) aient mis le sujet sur le tapis. Serait-ce qui leur court derrière le ciboulot de nous pondre une identité calibrée, noir sur blanc ( noir sur blanc ? vraiment ?), propre sur elle...
Je croyais que débattre de LA question relevait plutôt du rôle des historiens, des philosophes, des sociologues de tous poils ( non pas que ceux-ci soient à l'abri d'énoncer des "conneries" nombreuses, variées, et contradictoires, mais elles n'engagent qu''eux et comme le dit très bien mon compagnon de comptoir elle ne font pas "force de loi" - "force de loi" c'est pas quand on te dit que tu ne dois pas aider les sans-papiers par exemple, c'est quand on peut te traîner en justice parce que tu l'as fait), sachant que depuis quelques décennies maintenant, à force de le répéter, on est bien persuadé que cette fameuse identité est fluctuante, changeante, non seulement dans le temps, mais qu'elle donne lieu à l'instant Tà mille et une appréciations, jusqu'à plus soif ( ce qui explique la propension à en traiter au Café du Commerce).
Et puis, là dessus, si je puis dire, voilà que Claude Levi Stauss meurt. En voilà un qui aurait pu nous en dire des choses sur l'identité ( et qui d'ailleurs les a dites mais en élargissant un peu le débat, sur l'identité non pas nationale, mais humaine, et dans le sens d'une identité comme dénominateur commun, fondant l'unicité humaine).
Comme pour nous rappeler qu'il s'est trouvé un moment relativement récent de notre histoire où l'identité nationale a bénéficié de bornes et de limites, de calculs et d'ajustements, de frontières et de marquages, enfin d'une définition rigoureuse et légale. Et pas de chance, Claude Levi Strauss n'entrait justement pas dedans... Alors, on recommence ?


Et puis, voilà que je m'interroge, voyez-vous ! (2)

Voilà, la loi concernant la pénalisation des téléchargements s'est pris les pieds dans le tapis et s'est lamentablement rétamée... que voulez-vous, à l'heure qu'il était , on comprend que nul n'avait plus les idées très claires.
On jase d'abondance sur le nombre calculable ( à opposer à incalculable qui en règle générale veut dire beaucoup) de députés restés pour la séance de nuit. Y en a-t-il souvent  davantage ? C'est bien parce que cette affaire à tourner en eau de boudin que le fait de la rareté du député ( qui en fait sa valeur ...) a été soulignée. D'ordinaire, la loi passe, et les chiens ne quittent pas la niche...

Ceci dit, combien de députés ont perçu l'indemnité de séance de nuit ( dont je subodore qu'elle existe - mais j'avoue que la question est un peu mesquine) ?  Et pourquoi maintenir ces interminables parlementeries dont on voit bien qu'elles ne sont pas compatibles avec les autres charges des députés ? Si quelqu'un répond que les députés peuvent s'en abstenir parce que le travail parlementaire se fait ailleurs, posons-nous donc la question non de la nécessité de leur tenue ( faut bien voter les lois à un moment ou un autre que diable), mais pourquoi elles donnent lieu à ces si habituelles valses nocturnes et ne se trouvent pas expédiées ( techniques modernes existant) en un tour de clic ?


Et puis, voilà que je m'interroge, voyez-vous ! (1)

« Qui se plaindra si, fusse au prix d’une seconde coupure publicitaire, TF1 nous offre un film de Fellini… »

 Déclaration ( en substance) de Mme Christine Albanel, ministre de la Culture.


Ce propos à l’issue du marathon parlementaire concluant le vote de la loi sur l’audiovisuel.

Se plaindre, à voir, mais peut-être s’interroger.
Mme la Ministre a-t-elle une idée même vague de la raison pour laquelle les annonceurs  choisissent de se payer des minutes de télé ? Est-ce pour aider à la diffusion d’œuvres notoirement reconnues pour leur valeur culturelle ? Mais alors qu’est-ce qui aurait interdit jusqu’ici que cela nous valût des Fellini sur TF1 (la phrase du ministre semble bien indiquer que ce serait une innovation !) ? Et puisque c’est non, qu’est-ce qui ferait que cela change soudain parce que le gâteau à été multiplié par deux, sachant que les annonceurs attendent avant tout une massification de l’audience et que celle-ci est rédhibitoirement contraire à toute ambition culturelle ?

Et ce n’est pas la chaîne elle-même, soumis aux règles du libéralisme qui lui donne pour premier objectif de faire de l’argent qui va prendre la décision de programmer ces fameux Fellini, risque évident de ne pas trouver d’annonceurs pour garnir cette seconde plage publicitaire, et donc de louper sa cible…
Une seconde plage publicitaire, ce ne serait en fait que l’assurance d’une dégradation supplémentaire , si le niveau actuel en laissait la marge.

En outre, dans le propos de Mme la Ministre, faut-il lire la renonciation programmée du Service public pour la diffusion de ce qu’elle considère elle-même comme le plus souhaitable sur les ondes, faute de moyens, on s’en doutera, puisqu’elle estime nécessaire un apport financier supplémentaire de la part de la publicité pour que TF1 puisse y parvenir, et que cette manne échappe désormais de par la loi aux chaînes publiques.

De plus, Mme la Ministre ne semble-t-elle pas appeler de tous ses vœux la présence massive devant le miracle d’un Fellini sur TF1, comme si la télévision avait de tout temps failli en la matière ? Comme si jamais rien n’égalant ou n’approchant la valeur d’un tel spectacle n’avait été donné à voir sur aucune chaîne, et qu’enfin, on avait trouvé la panacée ?
D’où cette ignorance de la valeur d’une chaîne comme ARTE, de l’ignorance de la réussite que constitue le concept ARTE, de la diversité des ouvertures et des découvertes qu’elle offre face aux perpétuelles resucées et rhabillages lourdement chargés d’insignifiance des programmes de TF1.

Mme Albanel peut-elle vraiment croire à une quelconque volonté culturelle de TF1 et comment peut-elle bien, à la vue de ce qui est offert depuis tant d’années , nourrir une telle naïveté ? Une telle naïveté, dites-vous ?

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