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Quelques éléments autour du roman ( ci-dessous)
Une critique de Louis Delorme (cliquez !)
LA SALLE PIETER VAN HOOKENBOCK
Un roman de Jean-Michel Lévenard disponible 25 rue Rimbaud - 21000 Dijon, ( 15 Euros, port compris).
S'il fallait résumer :
Un cadavre retrouvé au Mirliton ( petite échoppe sans trop d'allure, faut bien dire ),
et voilà Valentin d'Aigremont - Enquêtes dans l'intérêt des familles - discrétion et efficacité - quasi convoqué par Bruant
(l'aménité même, ce garçon, dont la notoriété naquit des
engueulades qu'il passait à sa clientèle)
pour se débarasser de l'encombrant colis. Un corps déposé donc quelques temps plus tard, incognito, dans les fourrés du Château des Brouillards...
Ce qui aurait dû s'éffacer de la mémoire de tous sans jamais y avoir vraiment compté, ne voudra pourtant pas se laisser oublier de la sorte. D'une part, parce que d'Aigremont, souvent relégué aux basses besognes domestiques, est malgré tout de la vraie race des fouineurs et que l'indifférence qui rôde ne le satisfait pas. D'autre part parce qu'il ne fait aucun doute que ce mort -peintre polonais réduit à l'état cadavérique - n'était pas le vivant de l'histoire qu'on veut lui faire croire...
C'est dans l'atmosphère des rapins et artistes montmartrois, dans un Paris fin de siècle que l'on qualifia souvent de décadent (l'histoire se déroule précisément en 1886) que se situe ce récit aux allures de policier, restitué dans un langage argotique, gouailleur. Le limier de service, roublard, gentiment cynique, profiteur à ses heures de toutes les bonnes fortunes, fera, au long de ses pérégrinations son éducation artistique sans bien jamais comprendre les mœurs de ces "gens-là".
Ce qui désormais pour lui figurera à jamais le summum de l'art, - et qui le détromperait - , ce sont ces miniatures de Vermeer que le siècle venait de redécouvrir :
Cela changeait bien sûr de l'art académique fleurissant aux "Salons". Mais avec des Ministres des Beaux-Arts qui ressemblèrent parfois à celui-ci ( en l'occurrence le Maréchal Vaillant qui fût - puisqu'on vous le dit ! - Ministre des Beaux-Arts, et n'hésita pas à donner parfois quelques conseils...) on comprend mieux que les sous-sols regorgèrent bientôt de tableaux tels ceux- ci achetés lors du salon de 1882.
D'Aigremont, un peu piloté par un gars du bâtiment, mais décidément un peu réfractaire tout de même à la modernité, ira, visitant le 8° Exposition
des Impressionnistes de la surprise à la gène,
pour atteindre ensuite à l'incompréhension, avec les productions, tant de celui qui devint cadavre -Zbiniew Groszinsky-, que de celui qui lui sert de mentor - Pol Dewièvre... Faut dire que ces deux-là avaient de l'avance : jugez-en plutôt sur ces pseudo-tableaux de ces deux montmartrois à l'identité si peu française !

Mais, tout ça ne fait pas un mystère. Non, mais on comptera sur Jules Ferry par exemple. Qu'en dites-vous ?
N'a-t-il pas l'air retors, notre Président du Conseil ? L'œil clair et éveillé, façon Comice agicole ? (c'est aux Comices agricoles et autres rassemblements de ce genre que les hommes politiques français donnent le meilleur d'eux-mêmes ! Tradition oblige).
Ou sur le dynamique Boulanger ?, le chéri de ces dames ? L'homme qui mit le pioupiou à vélo ? et permit au soldat le coup de rouge lors des repas !
Allez, moi je mise sur Salis, l'amuseur public, le patron du Chat Noir, le vrai créateur de l'esprit montmartrois...
Et que le meilleur gagne !
Une critique de Louis DELORME
Ce roman m’a agréablement surpris car il s’inscrit dans la lignée des Gaston Leroux, Jules Verne, Arthur Conan Doyle, où l’importance est donnée au héros-détective qui mène
l’enquête du début jusqu’à l’éclaircissement de l’affaire et nous emmène, par le biais de toute une série de péripéties dans l’aventure qu’il est en train de vivre. L’auteur a su créer un
personnage attachant avec ses forces et ses faiblesses. Il a su l’entourer de personnages secondaires bien croqués qui rendent plus crédible et plus attrayant le tableau.
Mais le plus intéressant dans le livre c’est l’époque et le milieu : celui de Montmartre un peu avant 1900, lorsque Paris est encore en proie aux affres de la défaite contre
les Prussiens. Montmartre, capitale des arts et des plaisirs, où se croisent tous les milieux, celui de la prostitution et de la pègre, celui des bourgeois venus s’encanailler. Nous sommes en
1886, aux riches heures de Bruant, Toulouse-Lautrec, des frères Van Gogh, et des belles courtisanes qui, l’air de rien, mènent le bal de cette société, avide de jouissance et d’argent
facile.
J’ai été fasciné par les connaissances de Jean-Michel Lévenard sur le milieu de la peinture, les techniques de celle-ci et le bon usage qu’il en fait tout au long de sa quête.
C’est ce qui fait aussi que ce livre est d’un authentique réalisme. On croit d’un bout à l’autre à l’histoire et à ses personnages
Ce roman, un peu court, se lit d’une traite avec grand intérêt. On regrettera peut-être que l’auteur n’ait pas fait de plus amples développements, avec tel ou tel personnage,
en vue, de ce milieu interlope, ce qui aurait permis d’égarer un peu le lecteur pour créer plus de suspense. Mais ne boudons pas notre plaisir.