Partager l'article ! PRIX D'EDITION POETIQUE DE LA VILLE DE DIJON: RETOUR A L'ACCUEIL DELIBERATION DU PRIX 2012 ...
DELIBERATION DU PRIX 2012
Le choix du jury s'est porté sur le manuscrit de M Jean-François Forestier, du Mans, intitulé
« Sous la lune Et autres saison», constitué d’un ensemble de très courtes pièces dont l’unité de ton,
la justesse des images, la tenue de langage ont séduit le jury.
Au premier tour, ce recueil était placé en tête par 3 membres du jury sur 6.
3 autres recueils recevaient chacun un suffrage les plaçant en tête :
- Le silence du funambule, de Christelle Thébault, de Beaune (21)
- Empreinte, de Pierre Clermont de Fontenay-le-Fleury (78)
- Jours ardents, de Jean-Baptiste Besnard, de Conflans Ste Honorine (78)
Deux autres recueils ont également retenu l’attention du jury :
- Le Chant de l’enfance, de France Burghelle-Rey, de Fontenay-sous-Bois (94)
- Le Papillon de Charles Viquerat, de Veyrier (Suisse)
La remise se déroulera le 17 mars 2012, dans le cadre du Printemps des Poètes, à Dijon.
D’ores et déjà, chacun d’entre vous est invité pour ce moment d’échanges et de découverte mutuelle.
Le jury adresse ses chaleureuses félicitations au lauréat et ses remerciements à tous les participants.
De gauche à droite :
Raphaël Mendak, Marie-Josèphe Durnet-Archeray, Jean-Michel Lévenard (secrétaire), Marie-Paule Rolin, Janine Bessis, Guy Martin, Christian Amstatt.
LA REMISE 2012
17 MARS 2012 : Médiathèque CHAMPOLLION de Dijon (14 h 30)
Les Poètes de l'Amitié avaient le plaisir d'accueillir Mme et M Forestier (du Mans) pour la remise de 150 exemplaires du recueil édité au titre de 2013.
Sous la lune Et autres saisons
Il faut insister sur le soin particulier que la médiathèque avait mis pour recevoir Jean-François Forestier, lauréat 2012 du Prix d'Edition poétique de la Ville de Dijon. Partout sur les murs de la salle qui nous accueillait, les propres textes de Jean-François l'attendaient, fidèles à leur auteur...
Cette remise c'est effectuée en présence de Mme Durnet-Archeray, conseillère municipale, qui a chaleureusement félicité le lauréat ( rassurons-nous, c'était amplement mérité !) représentant M. François Rebsamen, maire de Dijon, et de Mme Marie-Paule Rolin, directrice de la Bibliothèque municipale de Dijon, ainsi que de M. Guy Martin, tous trois par ailleurs membres du jury.
Les 3 autres membres avaient fourni du papier timbré pour justifier de leur légitime absence... Christian Amstatt, l'un des absents n'avait toutefois pas voulu laissé passer l'occasion de faire connaître à Jean-François Forestier les prolongements, les considérations que son recueil, Sous la lune et autres saisons avait fait naître en lui :
Quand, ne sachant rien encore de sa biographie, nous essayons de nous représenter l’auteur de ce recueil, nous pensons d’autant moins à un homme de sciences – par opposition à homme de lettres – qu’il y fait finalement un usage parcimonieux du langage (dont, rappelons-le, l’hémisphère est aussi celui des mathématiques…), et cela au bénéfice de l’image…
Économe de ses mots, qu’il distribue, ou plutôt qu’il sème comme à la volée, mais non sans une certaine habileté, et surtout pas au hasard, sur la surface éclatante de l’écran ou du papier, notre auteur exploite les silences et le blanc de la page en un mouvement quasi mallarméen. Presque dans un mouvement de peintre. Lequel pourrait être Soulages, qui est justement cité. Mais un Soulages qui ne peindrait qu’à l’aquarelle et qui aurait délaissé ses larges brosses, son outre-noir et une abstraction toute d’épaisseur et de matière pour un pinceau des plus légers et une figuration tout aérienne – quand son choix ne se porterait pas sur une encre bleue très diluée et le calame du calligraphe.
La tension créée entre le blanc et le noir, associée à la rareté des rimes, remplacées parfois par de discrètes et tout aussi rares assonances, et à la simplicité de la phrase, très courte, souvent sans verbe, et sans ponctuation, nous donne presque moins à lire des poèmes, avec ce que les poèmes ont en eux de dynamique, en ce qu’ils accompagnent ou produisent un mouvement de la pensée, qu’elle ne nous donne à voir une succession d’images arrêtées. Et c’est ici qu’est le paradoxe : car le siège de la communication non verbale et de l’image est non seulement le cerveau des peintres, il est aussi celui des poètes…
Est-ce à dire que Jean-François Forestier, notre auteur, ne dit rien ? que, sous prétexte de lui être venu Sous la lune, sa parole évanescente se perd dans le vide sidéral de la nuit et se confond au flou artistique qui embrume trop souvent le cerveau des rimailleurs ? C’est tout le contraire. Jean-François Forestier condense sa pensée, rassemble ses impressions ; il va à l’essentiel. Poète un rien voyant, c’est un contemplatif, mais un contemplatif inspiré. Il murmure à l’oreille des étoiles mais ses paroles nous reviennent. Si ses courtes pièces ont la légèreté du haïku sans en avoir la rigueur codifiée et si avec lui la liberté est de mise, les images personnelles qui lui viennent, que ce soit à sa fenêtre, en souvenir d’un jour de pluie ou de tempête, par une nuit d’insomnie, sur une plage, dans une forêt ou dans un hall d’aéroport, sont pour le lecteur pleines d’échos. Il en reste le souvenir vaporeux d’autres saisons et la musicalité des mots.
Et nous revoilà à méditer sur la fonction du poète !
Comme de coutume, il a été fait lecture d'extraits du recueil primés.
Merci à Christelle Thebault et à Stephen Blanchard d'avoir fait alterner leurs voix pour faire s'envoler quelques uns des papillons de couleur collés aux murs...
Merci au personnel de la Médiathèque Champollion pour leur accueil et leur disponibité.
3 Extraits de SOUS LA LUNE ET AUTRES SAISONS :
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Troi grains de lumière
Affaiblis
Frappent au carreau
Et expirent épuisés à mes pieds
Désinence de l’automne déchu |
Entre le baldaquin des aulnes
Et l’ocelle des nénuphars
Bredouille du matin au soir
Il exulte le pêcheur
Gardien de l’or serpentin qui brasille au couchant
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Un pinceau de lune
Pour ce calligraphe anonyme
Dans la diagonale des ombres
Il éclaire de sa palette sombre
La nuit noire de
Soulages
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Le recueil de 64 pages est vendu 10 € ( port éventuel compris)
auprès de l'Association :
Les Poètes de l'Amitié
Jean-michel Lévenard
25 rue Rimbaud
21000 DIJON
LES LAUREATS DEPUIS 2002 :
(si ouvrages disponibles à la vente auprès de l'Association - 10 €)
2002 : Béatrice GAUDY pour Les Semailles de l'aube, préfacé par Marcel Schaettel. Marcel Schaettel a enseigné la littérature française moderne à l'Ecole normale de Bourges, aux universités de Dijon, Strabourg, Dakar et Lyon. Il est l'auteur d'une introduction à la poésie de L.S. Senghor, et d'un essai sur Gaston Bachelard, Le rêve et la raison. En outre, il a publié une quinzaine de recueils de poésie entre 1942 et 2000.
2003 : Dominique BLUMENSTIL-ROTH (http://carmel.voila.net/) pour Profil Humain, préfacé par Michel Lagrange. Agrégé de Lettres classiques, Michel Lagrange est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages principalement poétiques. Il a travaillé en collaboration avec Bernard Foucher, Pierre Soulages et Pierre-Yves Trémois. Prix de l'Académie de Dijon en 1985 pour L'impromptu de Dijon, et Prix Marie-Noël en 1988 pour Quelle éternité, mon amour ? Michel Lagrange est Président du Centre régional du Livre de Bourgogne. (http://www.bernard-foucher.com/michelagrange.html).
2004 : Christine DOUCET (http://www.palettecarougeoise.ch/doucet.html) pour Miroir Saturé, préfacé par François Dominique (http://www.cipmarseille.com/auteur_fiche.php?id=434 ).
2005 : Joelle ABED pour Différences dans le froid, préfacé par Jacques Fulgence. Professeur de mathématiques, aujourd'hui en retraite, Jacques Fulgence a publié 6 recueils de nouvelles, notamment, La Loire prend sa source au Mont Gerbier des Joncs (Julliard), Les yeux de l'amour ( Aux éditions du Seuil), et 2 romans , Bouche que veux-tu et Edouard et les petits pains (tous deux aux éditions Laffont). Disponible.
2006 : Lisa CARDUCCI pour Voyages, préfacé par Claude Ber (http://www.claude-ber.org/). Disponible.
2007 : Jacques THOMASSAINT pour Il y avait un homme (http://thomassaint.over-blog.com/), préfacé par Etienne Gruillot. Etienne gruillot est enseignant en philosophie. Intervenant à France Culture il a publié 3 ouvrages (http://www.editionsmilan.com/2dbdf4e1/Etienne-GRUILLOT.html). Disponible.
2008 : Laurent DESVOUX pour Sonnets de Lieux mêlés (http://laurentdesvoux.canalblog.com/), préfacé par Fabienne Mounier. Fabienne Mounier, comédienne, anime la "Faction Mauricette aux œillets", troupe théâtrale à géométrie variable (http://repertoire.chartreuse.org/auteur607.html). Disponible.
2009 : Gaëlle JOSSE pour tambours frappés à mains nues (http://gaellejosse.kazeo.com/), préfacé par Lucette Desvignes. Ancienne enseignante (Littérature comparée et Histoire du théâtre aux universités de Lyon et Saint-Etienne) Lucette Desvignes se consacre désormais à l'écriture ( romans, contes, nouvelles, théâtre, poésie). La publication de ses œuvres complètes est en cours aux U.S.A. par The Edwin Mellen Press. Disponible. (http://www.fabula.org/revue/document4978.php).
2010 : Martine SANSNOM pour Les Roulettes russes, préfacé par Bernard Bacherot. Bernard Bacherot, poète, conteur, nouvelliste (www.bernardbacherot.fr ). DIsponible.
2011 : Arielle THOMANN pour Villanelles, préfacé par Louis Delorme, poète, romancier, auteur de théâtre, et animateur en poésie ( Editions du Brontosaure et anthologie Soif de Mots), et également peintre. Lauréat de l'Académie française et de l'Académie d'Architecture pour l'enseignement du dessin... Arielle THOMANN a reçu 3 Prix d'édition en 2011 (dont, outre Villanelles, Virelai, et Fenêtres sur Mots ) ce qui confirme largement un consensus sur son approche de l'écriture poétique alliant musicalité, invention et charme. Disponible.