PROPOSEES A VOTRE CURIOSITE

Publié le par Jean-Michel LEVENARD

Cette nouvelle a reçu le 2° Prix du concours "Meurtre au Caveau" du Journal le Bien Public lors du salon Livres en Vignes 2012. A propos de cette nouvelles,Voo Tv, télévivion locale de l'agglomération dijonnaise.

 

lie de vin

 

LIE DE VIN / ŒIL DE CHAT

 

-Y’a un gars en bas.

Jeanne s’est détournée de ses confitures. Le Louis était effondré.

- Qu’est-ce que tu veux dire ?

- La cave était ouverte et y’a un gars au fond. Qu’est mort tant qu’y peut.

- Mort. Mort, mort ?  Mais qu’est-ce qu’il fait dans la cave ? Jeanne n’osa pas y aller d’un couplet de reproches à propos, déjà, de la porte dont elle lui avait dit mille fois de s’assurer qu’il la fermait bien… Comment tu sais qu’il est mort, il ne serait pas plutôt fin saoul ?

- Non. Il est étalé entre les chantiers des savigny et des chorey au fond, je te dis.

Loulou montrait sa main rougie.

- Je lui ai juste un peu relevé la tête comme ça. Il a le crâne défoncé, y’a pas de doute à avoir.

- Et il ressemble à quoi ton gars ? On le connaît ?

- J’suis pas resté lui tirer le portrait. Mais déjà, c’est du costume-cravate. Quand j’ai allumé dans le chais, y’avait comme deux reflets. C’est ses chaussures au gars. Des chaussures vernies comme c’est pas possible. Mais c’est : qu’est-ce qu’on fait ?

Ah, c’était bien du Loulou, ça ! « Qu’est-ce qu’on fait ? ».

- Ben tu descends le mettre en morceaux et tu vas le balancer dans un parc à sangliers par là…

- Ah ! non, Jeanne. Ça, je pourrai pas, tu te rends pas compte !

- Mais non, couillon. Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? D’ailleurs, mort ou pas mort, tu vas à la gendarmerie de Beaune et tu leur en dis le moins que tu peux. Le reste, c’est leur boulot, c’est pas le nôtre.

- On téléphone pas plutôt ?

- Non, tu y vas. Moi, je crois que c’est mieux. Ouais, faut y aller.

 

 

 Louis était à peine revenu - Jeanne avait fini les confitures, tout nettoyé et rangé : elle n’était pas du genre à perdre la tête, sa Jeanne – que deux pandores se présentaient pour les premières constatations. Règlementairement introduits auprès des époux Roger-Mounin, l’adjudant-chef Joseph Pedrucci et son second, Jean-Marie Le Bras, se firent conduire à la cave. Loulou refaisait bien soigneusement tous les gestes qu’il avait exécutés une heure auparavant – y’avait rien de bien sorcier – sauf qu’il avait ordre de ne plus poser les mains nulle part, la Jeanne non plus, et que les gendarmes en gants d’infirmière y allaient léger, léger, et qu’au bout de l’allée centrale du chais… il n’y avait plus de corps !

Heureusement pour la réputation de la santé mentale de Loulou, sur les graviers demeuraient des traces de sang.

- Le Bras, tu remontes téléphoner pour l’enlèvement du corps, pour le légiste et tout le bataclan. Ils peuvent faire demi-tour, c’est pas la peine qu’ils viennent.

 

 

- Il manque le chandelier.

- C’est-à-dire ?

- Ben, là, sur le tonneau du fond, pour le décor, on avait un gros chandelier en cuivre. Il était par terre vers la tête du gars. Je pense que c’est avec ça qu’on l’a rectifié. Et y est plus.

- Il manque aussi un tablier.

C’était Jeanne, qui avait fait marche arrière vers la première partie de la cave, la cuverie en fait. Derrière l’embouteilleuse, l’un des porte-manteaux était vide.

- On aura emporté le corps en emballant la tête pour ne pas mettre du sang partout. Un véhicule devait attendre à proximité… et le chandelier, ma foi, s’il y avait des empreintes dessus, pour l’instant, elles seront parties avec, résuma Pedrucci. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi on a laissé le corps seul ici en prenant le risque de ce qui est justement arrivé : que quelqu’un d’entre vous tombe dessus… Bon, en attendant, on va poser les scellés… La police scientifique passera demain, certainement de bonne heure.

- Monsieur Roger, s’il vous revient le moindre détail concernant le signalement de votre cadavre, c’est le moment de le sortir, parce qu’on comptait avoir des photos pour l’enquête de proximité. Et là, il n’y a plus que vous qui l’ayez vu. Et d’ici demain, essayez de vous souvenir d’éventuels va-et-vient, disons de tout ce qui a pu vous paraître inhabituel ces derniers jours, conclut Le Bras en rangeant ses notes.

- Oui, mais comme je l’ai dit à Beaune, à part le costume-cravate et les escarpins vernis… Moi, j’ai pas traîné. Je peux vous dire qu’il avait le cheveu noir. Voilà tout… Mais, il avait quasi le nez dans les graviers, et j’avais pas vraiment ma tête.

- Et vous madame ? Vous n’avez rien remarqué pendant l’absence de votre mari ?

- Non, et je voulais bien me garder de m’approcher de la cave. Si y’a une chose qu’on apprend c’est bien qu’il faut rien toucher, rien faire en vous attendant.

- De toutes façons, on aura l’occasion d’y revenir. On vous laisse.

Les époux Roger-Mounin, figés dans leur cour, regardent sortir le véhicule de gendarmerie.

 

 

- Alors, Loulou, t’avais pas la berlue quand même ?

- Comment tu comprends ça, toi ?

-Ben, écoute, y’a des tas de possibilités. Des malfrats qui s’entendent plus entre eux. Hein, tu vois ? Des braqueurs de supérette qui sont plus d’accord, un dealer qui veut fermer une succursale ou éliminer de la concurrence. Ou un témoin gênant… Et puis, va savoir pourquoi, comme il disait celui qu’a un nom italien, là, il a fallu que le deuxième sorte, peut-être pour récupérer sa voiture. En tout cas, pas de corps, pas d’identité, c’est quand même l’idéal pour qu’on ne fouille pas dans l’entourage de quelqu’un…

 

 

- Viens par là.

Jeanne conduit Loulou au hangar qui abrite le matériel roulant.

Derrière l’enjambeur, on a remisé une brouette, et Loulou est tout effaré de reconnaître un des tabliers qui leur sert lorsqu’ils procèdent aux embouteillages. Jeanne découvre juste un coin. Un crâne défoncé, des cheveux poisseux de sang. C’est pas la peine d’aller plus loin. Il en est sur le cul !

- Mais qu’est-ce qu’il fait là ?

- Ben je l’ai amené. Ça, il a pas fait le déplacement sur ses deux pattes. Un coup de brouette, le monte-charge, et hop. En cinq minutes c’était fait. Viens par là maintenant.

Loulou, KO debout, suit… Dans le recoin le plus à l’écart de la cour, Jeanne lui montre une Lada verte.

- Sa voiture. Je l’ai rentrée.

- Mais qui c’est ce type à la fin ? Pourquoi tu as fait tout ça ?

- Il s’appelle Antonio Quagliozzi. C’est ton neveu.

- Mon neveu !

- Le mien, si tu préfères. Mais tout ce qui est à moi est à toi, tu sais bien. Tu te rappelles que j’avais un frère quand même ?

- Stanislas, la terreur des cours de récréation. Je me souviens surtout qu’il fallait se tenir à l’écart. Mais enfin, j’en savais pas grand-chose, et chez vous, c’était pas un sujet de conversation.

- Ça, c’était à cause de papa. Il était trop déçu. Il lui avait choisi son prénom. Il s’appelait pas Denis, Vincent ou Bernard comme tout le monde. Stanislas, ça te la fichait bien. Lui aussi, il était fier de son prénom, mais à part ça, tout de travers. Une vraie teigne.

A quinze ans, il a presque  disparu de la maison. Il ne parlait plus à personne de rien. Puis il a fait son service militaire. Depuis, on l’a jamais revu… Jamais de nouvelles. Qu’en 1984. Mort en service au Tchad, il s’était engagé dans la Légion étrangère. C’est notre grand-mère, celle d’Aloxe, qui a reçu le mot. C’est elle qu’il avait dû désigner pour ça. Elle qui pouvait pas voir le père. Encore une dernière crasse qu’il lui avait faite. Tu peux pas savoir comme il en était malade.

Et le père, d’avoir qu’un fils… Remettre le domaine à une fille, ça, il pouvait pas le concevoir… Alors, quand en plus on s’est marié, voir que ça allait être un de ses ouvriers qui deviendrait le patron en quelque sorte un jour ou l’autre…

Enfin, pour en revenir à cet Antonio, il s’est pointé à la cuisine dès que tu es sorti pour sulfater en début d’après-midi. Sa mère est corse. Elle était plus ou moins en ménage avec mon frère quand il était stationné à Calvi, mais si j’ai bien compris, elle avait une notion plutôt large du ménage, si tu vois ce que je veux dire… Il s’était fait appeler Stanislas Lapaulée de son nom de légionnaire, et il était fier de clamer partout, paraît-il, que Stanislas c’était son vrai prénom.

 

 

Antonio n’en savait pas plus. Il se souvenait pas du tout de lui, forcément. Il était né en 1982, ça lui faisait entre deux et trois ans à la mort de son père… et tu penses bien que Stanislas, il avait rien reconnu du tout de sa paternité…

Sa mère avait appris par des légionnaires qui constituaient son fonds de commerce les exploits guerriers de Stanislas au Tchad. En fait, il s’était fracassé en jeep contre un bus à l’arrêt avec deux autres militaires. Les trois étaient morts, plus des pauvres gens qui avaient été fauchés. C’était ça, sa mort au service de la Nation… Enfin, il paraît que c’était pas lui qui conduisait…

Bref, avec le peu qu’en savait sa mère et approximativement le lieu de naissance de son père –Lapaulée, c’était déjà une indication -  il a fini par nous retrouver. Des Stanislas né en 1960 sur la Côte, doit pas y’en avoir des masses !

L’Antonio, il avait quitté la Corse à dix-huit ans, finir ses études à Marseille. Bon, ça n’a pas dû aller comme il voulait. Finalement, il s’était établi – t’entends Loulou, établi – gardien de nuit dans un hôtel jusqu’à il y a peu, et ça lui avait laissé du temps pour s’intéresser à la généalogie… La généalogie, Loulou, ça te dit quelque chose ?

Et là, l’Antonio il me dit qu’il vient pour qu’on l’embauche.

- Qu’on l’embauche ?

- Oui, comme commercial. Il disait que quelque part, comme membre de la famille, il devait bien y avoir une petite place pour lui, qu’on lui devait bien ça, et qu’en plus, on se rendrait vite compte que son idée était bonne. Que c’était du gagnant-gagnant. Se rendre sur les salons, organiser la publicité sur l’étranger. Et il s’y connaissait pour les règles de douanes, il avait étudié ça paraît-il…

- Qu’est-ce qu’on a à faire d’un commercial ? Et vu la vie de sa mère, Stanislas est peut-être pas plus son père que moi !

- Ça, je lui ai dit que nous, c’était beaucoup de la vente sur pied, de la vente aux négociants, et qu’avec nos quelques habitués, ça suffisait largement à passer la production… Mais, bon, son histoire de salons et d’étranger, c’était surtout qu’il comptait vivre à nos crochets et se tenir à distance en faisant du tourisme… et puis, y’avait autre chose qu’il m’a glissé à demi-mot. En fait, il était héritier. Héritier comme moi. En attendant, il voulait juste profiter un peu… Et puis, après, y’avait aucun doute, n’importe quel tribunal confirmerait sa parenté et ses droits, et alors, ça faisait pas un pli, il bazardait sa part pour toucher sa galette, et nous, on perdait la boutique, Loulou… Et je peux te dire que c’est bien le fils de Stanislas. Stanislas, il avait une marque. Du bas du front, à peine au-dessus du sourcil de son œil gauche, au bas de la paupière. Quand il fermait les yeux, ça lui dessinait comme une pupille de chat, tu sais, fendue à la verticale, couleur lie de vin.

Eh bien, cet Antonio, il a la même… Enfin, il avait. Alors, quelques tests ADN là-dessus, ou des témoignages de gens de Chorey qui se souviennent encore de Stanislas et de son œil de chat  – et il y en a – et le tour est joué.

Alors, je me suis dit qu’il fallait le ménager. Prendre le temps de voir… Je lui ai proposé de descendre voir la cave… Comme ça… Je te jure, Loulou, je pensais vraiment à rien. C’était histoire de l’amadouer… Je lui ai dit que, s’il voulait, je lui faisais goûter ce qu’on avait de meilleur. Et je l’ai emmené vers les savigny. J’ai pris une 2009 dans un casier. Je lui ai servi un verre que j’ai posé sur la bonde du premier tonneau de la rangée des savigny, tu vois, pas sur le tonneau debout au fond du passage. Je te jure, Loulou, à ce moment-là je savais pas ce que je voulais faire. Ça allait comme ça… Pour prendre son verre, il a fallu qu’il recule et se détourne un peu, et là, c’est parti d’un coup.

Tiens, le savigny est là, je l’ai tout de suite remonté avec le verre. Et puis, je t’ai attendu, j’ai fait les confitures…

 

 

- On est quand même dans un sacré pétrin.

- C’est pour ça, faut se bouger, Loulou. J’ai bien réfléchi, tu vas voir. Y’a pas de raison qu’on passe pas au travers. L’Antonio, y’a pas de pétard, faut qu’on le fasse disparaître. On va l’enterrer… Tu vas voir, j’ai tout combiné. Mais faut y aller, faut pas attendre. Demain, ils seront de retour les gendarmes, faut qu’on ait tout réglé.

Le gars, on le déshabille. Ses vêtements en morceaux. Un sac poubelle et vite fait, aux incinérables. Les bagages – ils sont dans le coffre de la Lada. On regarde dedans, on en apprendra sur son compte et peut-être comment il a fait exactement pour nous retrouver, et hop, déchetterie, au feu. Le tablier, même voyage. Le chandelier, on le massacre, déchetterie à la ferraille, personne pourra jamais le retrouver. J’ai déjà récupéré son portefeuille tout à l’heure. Y’a une facturette d’un hôtel de Beaune. Il était seul à coucher d’après le prix et ça veut dire qu’il l’avait quitté. Personne pour s’inquiéter de son absence tout de suite en tout cas…

Après, y’a la voiture, et le corps…

Loulou, dès qu’il fait nuit, on part tous les deux. Chacun une voiture. Tu prendras la Lada, si tu veux bien. Y’aura le corps dans le coffre. On lui protégera la tête. Si un jour ils trouvent du sang c’est comme s’ils retrouvaient le bonhomme entier. Et du sang dans un coffre, ça fait pas voyage d’agrément. Et tu mettras des gants de ménagère, Loulou. Tout le temps des gants, et des chaussures propres. Et on paye tout en monnaie. Les péages et l’essence. L’essence, s’il en faut, on en fera sur l’autoroute, on peut toujours payer en monnaie sur l’autoroute.

On va partir chacun son tour. On remontera jusqu’aux Champs longs, on n’aura pas à passer dans le bourg, et on s’attend au péage St Nicolas. Après, direction Besançon.

- Pourquoi tu veux aller à Besançon ?

- Ben, j’ai réfléchi. Si on descend par exemple jusqu’à Mâcon, comme l’Antonio venait du 13, ça veut dire en quelque sorte qu’il était sur le retour, et qu’il était bien venu faire quelque chose à Beaune… Si on retrouve sa voiture sur une aire de repos de la voie montante, on recherchera où il se rendait, et forcément, après une étape à Beaune, c’était parce qu’il avait à faire dans l’Est. Parce qu’ils vont retrouver la voiture, son nom, la piste de l’hôtel de Beaune comme dernière adresse, mais, après, plus de bonhomme, plus de bagages, pas de traces, ils rechercheront un amnésique, un quelqu’un en rupture, un dépressif qu’a pété les plombs comme on dit, qu’a eu une lubie, qu’est parti de là à pied…

En tout cas, voilà. On sort avant Besançon. J’ai regardé une carte. Y’a des forêts – Chailluz, Sassy – on a le choix. C’est là qu’on l’enterre. On reprend l’autoroute à Marchaux, et tu glisses le ticket dans le pare-soleil. On abandonne la Lada sur une aire quelque part avant Montbéliard, ou encore plus haut si on peut, on verra l’heure qu’il est. Et on rentre à la maison ensemble Loulou.

- Ouais, on va faire tout ça, Jeanne, on va faire tout ça. Mais y’a un truc que je comprends pas. Pourquoi tu m’as fait aller chez les gendarmes ?

- S’ils retrouvent le corps, et même sans ça, avec son portable, ce qu’il a payé en carte bleue, les gens avec qui il a causé, va savoir, l’état-civil de Beaune où il est peut-être passé, et même ici, des gens de Chorey qu’auraient pu le voir rôder, et qu’ils finissent par savoir qu’il avait l’intention de venir nous voir… On saura pas pourquoi il n’était pas seul et pourquoi ça a mal tourné, mais tu penses bien qu’on y était pour rien, nous, sinon, on ne serait pas allé chercher les gendarmes. On est des citoyens honnêtes, Loulou, des présumés innocents, de ceux qu’ont rien à se reprocher…

 










LES PETITES ANNONCES


C’était devenu un jeu entre nous, quoique un peu cruel.
La première fois que nous avions reçu ce type de journal d’annonces gratuit, je m’étais vraiment exclamée devant ces étonnants rendez-vous lancés contre tous les hasards. Jamais il ne me serait venu personnellement à l’idée que ce genre de bouteilles à la mer pouvaient un jour échouer à bon port, et donc, jamais je n’en aurais lancées, et cela me troublait.

Ça me paraissait étrange, relever d’un espoir auquel moi, il ne me serait jamais arrivé de croire. Tant de foi me stupéfiait et m’intriguait à la fois.
J’en étais déboussolée, peut-être chagrinée aussi, car j’y voyais tant de peines perdues… J’en ai parlé bien évidemment à Gérard, qui calé dans le fauteuil s’en était pris à du courrier plus conséquent, dès qu’il a eu relevé le nez de nos factures et de nos états bancaires.
En un tour de main, si j’ose dire, il avait fait le point et retourné la situation.
La belle blonde rencontrée au volant d’une CX le jeudi 17 Place du Marché et qui n’arrivait pas à se garer, que désirait revoir ce cadre supérieur encore jeune et disponible de cœur, pour Gérard, c’était tout bêtement un « rancart » ouvert à quiconque ( « quelleconque », précisa-t-il même l’index levé) avait envie de tenter l’aventure. Une façon comme une autre – seulement plus élégante car elle s’annonçait sous le masque du coup de foudre et de la sentimentalité, mais sûrement aussi plus hypocrite – de lancer un avis de recherche en partenariat pour ébats amoureux.
Je devais bien convenir qu’il y avait certainement du vrai dans son analyse, et que cela venait corroborer ma première impression que le moyen était si aléatoire pour retrouver sa chacune qu’il s’agissait bien en fait sans doute de trouver plus simplement une « quelleconque ».
Ma foi, prime au premier  ou à la première au rendez-vous, le rappel d’un souvenir touchant seulement pour le décorum, pour la façade, la frime, en simple signe de connivence, de ralliement, en guise de mot de passe…
Cela brisait mon exaltation tout de même. Cela m’atterrait.

Moi, j’aurais aimé que les gens soient assez fous pour échafauder leur vie ainsi, sur une rencontre fugace, et pour partir alors sans plus de retenue en quête de l’âme sœur à peine entrevue.
A y réfléchir un tout petit peu, je me rendais aux arguments de Gérard, mais j’aurais bien voulu tout de même dans ce naufrage sauver quelques passagers, pouvoir accorder quelques brevets de sincérité.
Gérard démontait tout ! Avec humour, drôlerie même, mais au fond, sauvagement, sérieux dans ses exercices appliqués de cynisme domestique. L’enjeu devint vite pour lui de trouver pour chaque annonce une façon nouvelle de la tourner pour en extraire le message cru et sans ambiguïté qu’il était supposé contenir.
Ces poulets télégraphiques devinrent une lecture fréquente pour moi – par régulière toutefois, j’avais souvent mieux à faire – que je soumettais à Gérard dans l’espoir vague qu’il resterait un jour muet devant l’évidence d’une véritable histoire de cœur, devant un souffle sacré d’amour vrai.
Cela l’amusait un peu, puis l’agaçait sans doute, encore que c’était plutôt mon obstination à ne pas vouloir me rendre une fois pour toutes à sa définitive théorie de la motivation uniquement salace de ces annonceurs qui finissait par l’exaspérer.
Nous ne passions pas notre temps à cela, certes, mais je ne sais pourquoi, j’y revenais, cherchant peut-être aussi de lui comme un signe de tendresse à mon égard, de m’accorder que le monde puisse ressembler un peu à l’image que je m’en faisais.

Je me souviens bien sûr tout à fait particulièrement de ce mardi-là.
Gérard, à son habitude s’était installé dans le canapé pour prendre connaissance du courrier, me tendant les fameux journaux, « écrins de mes délices ».
Une rapide revue des propositions immobilières, des rares et laconiques rubriques, des occasions de ventes diverses, des offres d’emploi et que sais-je encore, me conduisit aux pages des « annonces-rencontres ». Je ne saurais expliquer pourquoi, malgré le déroulement immuable de nos confrontations qui finissaient par devenir pénibles et dont je ne connaissais que trop la conclusion, j’en vins une fois de plus à rechercher l’annonce miracle où prendre Gérard à témoin, ou plutôt en défaut.
J’avais acquis comme un sens particulier pour le repérage. Un coup d’œil global, sans lecture véritable, me suffisait pour accrocher quelques mots, saisir la tonalité générale d’un message, sentir s’il présentait ou non quelque caractère utile à ma cause.
Il me serait difficile de dire quand je compris, mais mon regard s’attacha aussitôt, et je sus avant d’avoir littéralement lu. Ce premier sentiment confus se confirma lorsque je repris la lecture mot à mot.
-«  Tu étais le 26 à la terrasse du « Palais » avec une amie et son mari. Tu venais de voir « L’Amant ». Tu portais une robe jaune. Je serai la semaine prochaine chaque soir, entre 17 et 18 h, près de l’Ours de Pompon. Je te reconnaîtrai.»
Je revoyais la scène. Allez savoir pourquoi, Gérard s’était trouvé installé auprès de Liliane lorsque nous avions été prendre une glace après la séance de cinéma. On pouvait penser effectivement qu’ils formaient un couple.
Enfin, le problème n’était pas là, la femme en robe jaune, c’était moi !
J’entrevoyais bien sûr que c’était la preuve que tout n’était pas que basses manigances, qu’il y avait bien des messages correspondant à de véritables recherches… Mais j’étais surtout complètement paniquée, ayant, dans un saisissement soudain réalisé que rien matériellement ne m’empêchait de répondre à cet appel, et que j’en avais furieusement envie.
Gérard ne rentrait jamais avant 18 h 30 en semaine, je finissais de travailler à 17 h 30.
Aurait-il eu à connaître d’un retard de ma part, qu’il ne s’en serait d’ailleurs guère étonné, et que j’aurais toute facilité pour trouver mille et un motifs plausibles pour l’expliquer.
Aucune aventure amoureuse ne me tentait, non. C’était la curiosité qui m’assaillait. A quoi et comment pensait un être qui manifestait une telle confiance ? Je n’avais aucune peur non plus. Dans la mesure où cet homme espérait voir venir à lui sur ce simple appel quelqu’un pour qui il demeurait jusqu’alors un parfait inconnu, il me semblait qu’il ne pouvait compter que sur sa loyauté, sa pureté, son innocence, pour vaincre d’emblée la suspicion et le trouble que ne pouvait manquer de ressentir « l’élue ».
C’est cet homme-là, qui plaçait son amour au-dessus des conventions, et si haut qu’il le croyait capable d’un miracle qu’il m’intéressait de rencontrer.  Je sentais aussi comme un devoir de fraternelle compassion de ne pas le décevoir tout à fait en faisant le geste de venir lui témoigner de vive voix ma compréhension, mon approbation de la vision du monde que contenait implicitement son comportement.
Je voulais répondre à sa démarche par une honnêteté totale à son égard, lui apportant sans doute une déception, mais je le sentais homme à apprécier mon geste et à y trouver une part de réconfort.
J’étais certaine que nous nous sentirions très proches intellectuellement, que ce serait un intermède de douceur auquel – et je le savais dès lors avec certitude – il n’y aurait pas de suite.
Son élégance et sa détermination m’apparaissaient toujours plus. La science de Gérard m’avait appris à lire entre les lignes. Ici, aucun signe de reconnaissance : « Je te reconnaîtrai » écrivait-il. Il faisait donc en sorte de ne pas exposer celle qui se rendrait au rendez-vous à l’attention de quiconque  qui, ayant lu cette annonce, y viendrait en voyeur ou avec tout autre intention. Pas de lieu précis sur lequel focaliser les attentions malhonnêtes : près de l’Ours de Pompon. Cet Ours de pierre, campé face à l’une des entrées d’un parc de la ville, régit une esplanade de parterres de fleurs et de gazons où s’offre une dizaine de bancs aux promeneurs. A toute heure du jour, et plus précisément en fin d’après-midi, sans parler d’affluence, il y a là suffisamment de monde pour qu’aucune présence ne paraisse insolite.
Il suffirait d’être là, tout autre initiative viendrait de lui…

J’arrêtai mon choix sur le jeudi soir.

J’étais excitée, pas inquiète.
Ça pouvait mal tourner, enfin, disons, sur un autre ton que celui sur lequel je m’étais imaginé notre rencontre, il me serait aisé de rompre là, de m’enfuir, de partir sans plus rien écouter. Je ne voyais pas ce qui pouvait se produire de grave dans un lieu aussi public.
En tout point, je suivis tant que je le pus le plan que j’avais dressé. En sortant à l’heure habituelle du bureau, je pouvais supposer que l’on m’attendait déjà, et que je n’aurais donc pas à rester plantée en un quelconque endroit. D’ailleurs, d’avance je me l’étais interdit. En toute bonne logique, on devait « m’accueillir ». J’avais choisi de paraître par l’entrée principale, celle que surveille l’ours, visible de tous points de cette partie du jardin. Rien ne pouvait me masquer à un observateur un tant soit peu attentif.
Je m’avancerais dans l’allée qui contourne le piédestal du fameux ours par la gauche, et mène à cent pas de là vers une sortie secondaire donnant sur la rue de la gare. C’était une minute de marche à peine, mais à mon sens, suffisante pour que quiconque, bien décidé, ait le temps de se manifester.
La grille de l’entrée principale. Je la pousse. Petit regard circulaire. Il y a du monde sur les bancs, quelques passants. Je m’engage à gauche, vision des bancs alignés.
Sur le dernier banc, plongé dans un journal, me tournant le dos, une silhouette trop connu, Gérard. Je sais qu’il m’a vue, il fait seulement maintenant semblant d’être absorbé. Je change de direction, je prends l’autre allée, je sors le plus rapidement possible. J’ai le cœur qui cogne, je longe les grilles pour venir me placer en observation : Gérard n’est déjà plus là.
Il m’a vu venir avant de piquer du nez dans son foutu journal, ce n’est que trop sûr ! Il m’a vu venir, mais surtout, il m’a fait venir !

Maintenant, il est neuf heures, je rôde toujours autour du jardin que l’on a fermé pour la nuit, et je ne sais toujours pas quoi faire.



Jean-Michel Lévenard

Pour la Sainte Sally Mara
au mois de l’Equarissage
l’an X de la Cass’Hure








- « Marilyn »
Ou Marie-Line, mais enfin, moi, je l’entends plutôt comme Marilyn , à cause de Monroe bien sûr.
La petite à la peau pain d’épices se décide enfin en saisissant – mais peut-être finalement est-ce au hasard auquel la contraint le ton un peu impatienté sur lequel on l’appelle- un paquet de biscuits, et vient l’ajouter au tas de provisions diverses que sa mère a soigneusement constitué sur le tapis roulant.

Marilyn, ce sera donc Marilyn. La dernière, c’était Anne-Lise. Je préfère Marilyn.

Pendant que ces dames s’occupent à récupérer ce qui petit à petit devient leur bien, je m’empresse de quitter le magasin par la sortie sans achat.
Au vu de ce qu’elles ont acheté, j’ai tout lieu de penser qu’elles sont en voiture. Il y en a une quinzaine à tout casser sur l’aire de stationnement que s’est octroyée la supérette sans autre forme d’aménagement qu’un panneau annonçant « Emplacement réservé à la clientèle ».
Un terrain vague de sable, de touffes d’herbes rêches et de chardons bleus prolonge, sans transition apparente le parking, et sépare le magasin d’une rangée de bungalows. Je m’y installe, la paille au bec pour les quelques minutes durant lesquelles je vais devoir les attendre.
Elles ont, la mère comme la fille – car tout indique un couple de cette nature dans leur comportement, leur façon de s’apostropher – des allures de campeuses. C’est rare que je me trompe, j’ai acquis à force d’observation une certaine science pour ces choses-là.
Les vacanciers qui sont en location ont d’autres habitudes, ils ne s’habillent pas à la ville pour faire leurs courses par exemple comme à la plage, et, pour prendre un point précis, ils ne portent pas les mêmes chaussures.
Les campeurs au contraire, qui sont dans le sable du matin au soir, car les terrains de camping par ici sont disséminés au travers des dunes, ont la sandalette permanente, et se contentent en guise de tenue de sortie d’enfiler un polo sur leurs maillots de bain : ils font leur courses « en rentrant ». Les adeptes de la location « sortent » pour faire les leurs.
Campeuse imprévoyante, la petite n’a même pas le polo de rigueur, et je l’ai vu frissonner dans son deux pièces de saison devant le meuble aux yaourts.

Les voilà. La mère agrippe trois ou quatre poches en plastique bourrées jusqu’à la gueule, et la fille serre sur sa poitrine six briques de lait et tape des genoux dans un autre sac qu’elle a passé à son bras et qui pend devant elle.
Je ne m’étais pas trompé. Elles se dirigent vers l’un des véhicules. La mère pose au sol l’une de ses charges et ouvre le coffre, puis range les emplettes avec soin et méthode.
La fille retourne au magasin. Elles ont dû laisser en attente une partie de leurs achats : ici, les caddys ne sortent pas à l’extérieur, ils resteraient plantés dans le sable mou comme des cuillères dans de la semoule.

A moi. Je remonte l’espace occupé par les voitures. C’est une 94. Je regarderai à la maison à quoi cela correspond, mais c’est la région parisienne. Une Ford Escort rouge, un peu abîmée. Je l’ai dans l’œil, désormais, je la reconnaîtrai. Il y un petit « quelque chose » en peluche suspendu au rétroviseur intérieur. J’ai pu entrevoir le coffre où la mère continuait de fourrager, disposant pour la dixième fois les cartons où elle entasse les victuailles qu’elles viennent de se procurer, entre une bouteille de gaz –la réserve- et des sièges de pique-nique : ce sont bien des campeuses.
Chez le campeur, la voiture, c’est la cave. Les vacanciers en location vide tout, ils ne manquent pas en général d’espace de rangement. Dans une tente ou une caravane, par sécurité, et par sens du pratique, on encombre le moins possible, et on se sert de la voiture comme annexe.

Reste à voir vers où elles vont se diriger en quittant le parking.
A droite, en direction de Diguel, ce serait pour le Camping du Fort, à huit cents mètres à peine, ou celui des Ajoncs, à deux kilomètres environ. Le suivant sur cette route-là est plus proche du centre commercial de Diguel, et les vacanciers n’aiment pas se compliquer la vie : ils vont au plus près.
A gauche, il y en a 3 coup sur coup, dont les occupants doivent venir de préférence se ravitailler ici, et deux autres, d’ailleurs très grands, un peu plus loin, qui doivent se partager entre Ploumour, qui est a priori mieux achalandé et peut-être moins cher, et ici, qui demeure sans doute un tout petit peu plus proche.
Il y a enfin la troisième route qui quitte le littoral et au bord de laquelle est installé en sous-bois le Camping des Pins. Mais j’exclus la possibilité qu’elles viennent de là : sachant avoir à y retourner leurs achats effectués, elles ne seraient pas chaussées comme à la plage. C’est mathématique, et c’est l’exception qui confirme la règle : au Camping des Pins, on se met en baskett, on ne fait usage de sandales, nu-pieds, et autres tongs que lorsque l’on descend à la plage, et l’on apprend vite à se rechausser comme il faut dès que l’on y remet les pieds pour affronter les aiguilles de pins !

Petit conciliabule. La mère a refermé le coffre après avoir chargé la seconde brassée apportée par la fille. Les clefs changent de mains. Marilyn revient afficher un macaron frappé d’un A éclatant et sans doute étrenné depuis peu, puis démarre sous les recommandations que je devine chaudes et quelque peu accablantes de sa mère. Direction : à gauche.
Bonne route mesdames !

Je les ai retrouvées il y a trois jours. J’ai repéré leur Escort mardi dans la matinée. Ils sont aux « Tamaris ». Je dis « ils », parce qu’il y a un homme : le mari et père sans aucun doute. Un bouliste, un grand bouliste devant l’Eternel. Elles, elles vont à la plage juste de l’autre côté de la route sur les trois heures. Je me demande bien quelle envie les a prises hier de sortir en voiture à l’heure habituelle du bain, elles m’ont fait perdre une demi-journée d’observation.
Enfin, les voilà redevenues plus raisonnables, elles retournent aujourd’hui en cortège se faire bronzer. On peut donc compter sur elles.

Elles organisent un vrai petit déménagement. Nattes, sacs, parasol, deux sièges pliants, et quelques accessoires pseudo-sportifs que Marilyn utilise avec une très sage parcimonie.
En général - enfin c’est ce qui ressort de mes trois jours d’observation - la fille précède toujours la mère de quelques longueurs quand elles s’engagent sur la plage, au sortir du sentier de dunes qui s’achève en goulet, où même sans l’encombrement de tout leur harnachement estival, elles ne pourraient sans doute pas de toute façon passer de front.
La fille donc prend légèrement les devants, puis s’avance sur le sable en cherchant des yeux un espace libre à son goût vers lequel elle se dirige sans attendre pour y laisser tomber sa charge au sol.
C’est un moment crucial cette entrée sur la plage : ce sera le bon, celui où l’on peut s’adresser à la fille tout en étant à portée de voix de la mère mais tout en laissant croire que l’on ne suppose pas même qu’elle puisse avoir un quelconque lien avec qui la précède. C’est tout à fait ce qu’il faut : qu’elle se trouve placée dans la situation du témoin fortuit.

J’avais vérifié tout de suite sur le calendrier pour le 94. C’est le Val de Marne. Fontenay-sous-Bois, par exemple, ça y est. Je dirai Fontenay tout court, et rue du Prieuré, cela me paraît bien.
Qui pourrait bien connaître à ce point Fontenay-Sous-Bois, que j’imagine tout de même assez important, pour d’emblée savoir s’il y a ou non une rue du Prieuré ?
A demain donc, Mesdames.

D’ici, je vois en enfilade le sentier par lequel elles déboucheront.
Me mettre debout, avancer sur la plage le temps pour Marilyn de sortir du chemin. Sa mère sera quinze pas derrière, peut-être même plus, mais j’ai l’enthousiasme démonstratif.
Les voilà, ponctuelles ou presque.
Je me lève, je me dirige à sa rencontre.
-« Marilyn ! »
Quelle heureuse surprise dans mes yeux et dans ma voix.
Elle passe, visiblement étrangère, avec cette évidente expression de ne pas comprendre, et de ne pas vouloir en savoir plus.
-« Ben Marilyn ! Fontenay, la rue du Prieuré, t’as même gardé une clef ! »

Elle s’est éloignée, je suis planté à mi-distance des deux femmes, et je rebrousse chemin en secouant la tête et marmonnant :
« Une ressemblance pareille, ça m’étonnerait ».
Et vaguement dépité du peu de sincérité des femmes, haussant les épaules, je me dirige vers l’extrémité de la plage avant que la mère ne puisse m’intercepter, elle que j’ignore, que je n’ai pas vue, bien que, subrepticement, je me sois assuré, à son air, qu’elle n’a rien perdu de la scène.

Lorsque je parviens, après avoir fait un crochet par les dunes, au poste d’observation que je me suis choisi, légèrement au-dessus de la plage, au droit du secteur où elles ont l’habitude de s’installer, la mère et la fille sont encore côte à côte, lancées dans une conversation difficile.
On en devine l’âpreté aux mouvements de mains, surtout celles de Marilyn qui sont vives et péremptoires, cherchant visiblement avant tout à rompre le débat.
Le voisinage les contraint à la discrétion, au demi-mot. Soudain, Marilyn se redresse et va se jeter à l’eau : on boude comme on peut.
Mais ce n’est que partie remise, ce soir sous la tente, on aura de quoi causer. Je pense avoir misé sur un bon cheval, la maman n’a pas l’air du genre à laisser faire sans dire son mot, mais bien plutôt à se sentir investie du droit de regard. Et, sans compter qu’elle peut recevoir du renfort.

Dans trois jours, si elles font toujours natte commune, je repasserai devant elles, le regard à peine dirigé sur Marilyn, faussement indifférent, comme si je réalisais tout d’un coup le pourquoi de son attitude d’aujourd’hui en découvrant la mère, histoire de relancer le débat…

L’an dernier, une famille a mis fin à ses vacances dans le coin dès le 10 juillet. Je ne suis pas loin de penser que c’était là l’une de mes plus belles réussites. Enfin, ce n’est qu’un jeu et on ne peut pas gagner à tous les coups…






Jean-Michel Lévenard
Pour la Sainte Badebec
au mois de Bouffe
l’an X de la Cass’Hure

Publié dans NOUVELLES

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