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Dimanche 14 mai 2006
POUR CONFIRMATION
à Armand DO


T'en souviens-tu des vieux et des vieilles d'avant ?
De Jeanne la Lorraine, Toinette l'autre chienne :
L'une vendait des brioches pour payer ses fredaines,
L'autre brûlait les planches d'un night-club à Rouen,

De Loulou la Pommelle, serrurier à Versailles,
Du parrain Gétorix de la Gaula Nostra,
- César le rectifia, un soir, rue d'Alésia -
L'autre perdit la tête de limer la ferraille -.

De Martell qui planta le raisin à Cognac,
D'Henri le maquereau qui mit sa poule à Pau,
De Bébert qui au pieu, l'avait, pour sûr, comac,

De Roland le neveu, de ses cors aux arpions.
Sont-ce des souvenirs ? des rêves de bistro ?
L'histoire est souvent rouge... d'épaisse confusion.




PORTE BONHEUR


Aux pauvres malchanceux que le malheur accable
Tant de façons offertes de rompre leur destin,
Qu'enfin le jour se lève sur un premier festin
Qui les change des miettes tombées dessous la table :

La patte de lapin - et pourquoi pas le rable !
L'amulette suédoise qu'adulent les crétins
La luzerne à six branches - pour l'âne, le picotin !
Ou le gris-gris bantou garanti véritable

Qui vous file la peste en sus du choléra.
Trop humaine faiblesse qui oncques ne flaira
Sous l'accorte promesse, le suif du charlatan.

Allons, cessons de rire, et de perdre du temps !
Lorsque le sort s'acharne, mieux vaut que l'on se pende,
Et je fournis la corde pourvu qu'on me la rende.




IN MEMORIAM PAUL LEAUTAUD
à Bruno Cortot


Il faut savoir user de ces joies éphémères :
Vous pouvez les enfants, sans peur, jeter des pierres
Pour casser les carreaux ou tuer les chatons,
En chantant "Vieille tante", scandant l'air des lampions.

Vous pouvez, jeunes corps, sauter la barrière,
Pour voler sur le fil, relique séculaire
Qu'attestent abondamment maintes reprises au fond,
Le trophée de vos rires, son ample pantalon.

Si vous ne craignez pas les chats roulés en grappes,
Courez donc l'aventure, entrez dans la maison,
Videz les écuelles des bêtes sur les nappes,

Puis approchez, sans craindre jamais qu'il vous attrape
Du vieillard endormi, rêvant sa soumission
A sa mère caressant un vieux matou qui lape.

Par Jean-Michel LEVENARD - Publié dans : POEMES - Communauté : Vive le désordre !
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